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Les changements climatiques et le développement


Dernier ajout : 13 février 2019

Les changements climatiques et le développement international
par François Loza-Rodriguez

Selon l’Association internationale du développement de la Banque mondiale, le changement climatique fait peser un danger extrêmement grave sur les populations pauvres dans le monde entier : le changement climatique « risque de faire retomber plus de 100 millions de personnes dans la pauvreté d’ici 2030. Les régions les plus pauvres (Afrique subsaharienne et Asie du Sud) seront les plus touchées. Une action ciblée est nécessaire pour aider les populations à faire face aux chocs climatiques. Il faut notamment concevoir des systèmes d’alerte précoce et de protection contre les inondations, et introduire des cultures résistantes à la chaleur. Dans le même temps, il faudra accélérer les efforts destinés à réduire les émissions polluantes, tout en veillant à protéger les plus démunis. »1

Cette vulnérabilité des pays et des populations les moins nanties semble avoir des effets sur le développement international puisqu’il y a des pays, avec une économie et des institutions fragiles, qui sont fortement secoués par les dérèglements climatiques. Cela provoque une fragilisation accrue de leurs économies. Il est alors légitime de se demander : quel est l’impact des changements climatiques en développement international ? Nous allons essayer de trouver quelques pistes qui pourraient nous éclairer.

L’impact des changements climatiques

L’impact des changements climatiques est énorme sur les pays en développement. Par exemple, des pays africains sont les plus touchés par ces changements puisqu’ils subissent des sécheresses ou des inondations. Les conséquences sont dévastatrices sur l’agriculture, les denrées alimentaires et l’eau. Cependant, les pays et leurs populations qui subissent davantage les résultats du changement climatique sont ceux qui ont le moins contribué historiquement. Comme le mentionne La Presse : « le rejet de CO2 par habitant est annuellement de 16 tonnes aux États-Unis, de 14 tonnes au Canada, de 7 tonnes en Chine et de seulement 0,1 tonne dans les pays les plus pauvres comme la majorité des pays africains ! Au total, l’Afrique ne contribue que pour 3 % aux émissions mondiales. »2

Étant donné la précarisation de certains pays, le rapport Stern Review on the Economics of Climate Change dit que l’expérience d’événements climatiques extrêmes témoigne de l’effet néfaste qu’un climat défavorable peut avoir sur les perspectives sociales et économiques des pays en développement. De plus, si le changement climatique augmente la gravité de ces événements, les coûts pour les pays en développement augmenteront considérablement. 3 Cela est sans ajouter que le rapport dit que les modèles climatiques prédisent une gamme d’impacts sur les pays en développement qui peut résulter dans une diminution de la production agricole et de déstabiliser la sécurité alimentaire. Bref, les impacts sont principalement négatifs et graves.

En constatant la fragilisation des économies des pays en voie de développement dus aux changements climatiques, le rapport Stern Review précise que ceux-ci auront des impacts négatifs sur le développement international.

Quelques événements

Pour combattre l’effet négatif des changements climatiques, quelques conférences et accords se sont réalisés ces dernières années. Étant multiples, nous verrons seulement une part de ces événements.

Officiellement lancés en 2011, les Fonds verts pour le climat sont un mécanisme financier de l’ONU, rattaché à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette plateforme mondiale a été créé pour limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et aider les sociétés considérées vulnérables à s’adapter aux effets inévitables causés par le changement climatique.

Étant le premier accord universel portant sur les changements climatiques, l’accord de Paris sur le climat (2015) vise à combattre la menace des changements climatiques, dans un contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Son objectif est notamment de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. »4

La conférence de Katowice sur les changements climatiques a eu lieu en 2018. Nous pouvons constater que les États-Unis, la Russie et le Koweït se sont unis pour empêcher la conférence de s’appuyer pleinement sur les conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou GIEC (que nous verrons par la suite). L’Australie s’est associée aux États-Unis concernant le charbon et le Brésil, sous le nouveau président Jair Bolsonaro, a fait part de son scepticisme face au climat.5

L’importance de combattre les sources qui intensifient les changements climatiques

Même s’il y a eu des réalisations pour combattre le changement climatique (et quelques revers également), le dernier rapport du GIEC dit que « limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C nécessiterait des changements rapides, très profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société. »6 Effectivement, dans leur rapport de 2018, les scientifiques exposent les nombreux impacts déjà à l’oeuvre comme les vagues de chaleur, la déstabilisation des calottes polaires et la montée des océans à long terme.

Cela est sans ajouter l’extinction des espèces. Le 29 octobre, le World Wildlife Fund (WWF) publiait la 4e édition de son rapport annuel : Living Planet Report. Parmi les 4000 espèces étudiées par le WWF, le rapport dit que la Terre a perdu, en moyenne, 60% des populations de ces espèces : « The Living Planet Index also tracks the state of global biodiversity by measuring the population abundance of thousands of vertebrate species aroung the world. The lastest index shows an overall decline of 60% in population sizes between 1970 and 2014 ».7

En constatant ces chiffres de plusieurs rapports scientifiques, il est permis de dire qu’il est très important de lutter contre les sources qui provoquent les changements climatiques. Pourquoi est-ce si important ? Voici quelques réponses : si les changements climatiques s’intensifient…

  • Il y aura une multiplication des catastrophes climatiques partout dans le monde ;
  • Il y aura une injustice climatique puisque ce sont les pays les plus instables économiquement qui seront affectés, alors qu’ils ont historiquement moins contribué aux changements climatiques ;
  • Il y aura une vulnérabilité alimentaire accrue puisqu’il y aura une précarisation de l’agriculture et l’eau se raréfiera 8 ;
  • Il y aura des populations vulnérables et des secteurs de la population fragilisées comme les femmes, les enfants, les communautés autochtones qui vont connaître leur situation se précariser davantage ;
  • Il y aura un coût économique extrêmement énorme si les gouvernements n’agissent pas 9 ;
  • Bref, le développement international sera affecté.

1 http://ida.banquemondiale.org/theme/climat
2 https://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201612/05/01-5048236-changements-climatiques-un-bilan-mitige-pour-les-pays-pauvres.php
3 http://mudancasclimaticas.cptec.inpe.br/ rmclima/pdfs/destaques/sternreview_report_complete.pdf
4 https://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/fre/10a01f.pdf
5 https://www.theguardian.com/environment/2018/dec/16/what-was-agreed-at-cop24-in-poland-and-why-did-it-take-so-long
6 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1128506/environnement-dereglement-climatique-rapport-accablant-giec
7 https://c402277.ssl.cf1.rackcdn.com/publications/1187/files/original/LPR2018_Full_Report_Spreads.pdf
8 https://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201310/08/01-4697650-le-rechauffement-rendra-leau-rare-pour-500-millions-de-personnes.php
9 http://mudancasclimaticas.cptec.inpe.br/ rmclima/pdfs/destaques/sternreview_report_complete.pdf (107)


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