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« Ne tuons pas la beauté du monde » Quelques échos de la conférence-discussion sur l’écoféminisme du 4 mars à Québec


Dernier ajout : 7 avril 2020, par Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

« Ne tuons pas la beauté du monde » [1]
Quelques échos de la conférence-discussion sur l’écoféminisme du 4 mars à Québec

Non mixte, cette conférence publique co-organisée dans le cadre des activités soulignant la Journée internationale des femmes par Accès Transport-Viable, AmiEs de la Terre de Québec, Carrefour d’éducation à la solidarité internationale de Québec, Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale, Transition Capitale-Nationale et l’AQOCI a réunie plus de 70 femmes issues des réseaux écologiste, féministe, étudiant et de la solidarité internationale.

Dans l’autobus qui me ramène à Montréal, après avoir participé à cet évènement captivant et engageant, je repense aux émotions partagées face à l’immense défi climatique planétaire auquel l’humanité est confrontée. Je suis encore troublée par les témoignages d’inquiétude, et même d’angoisse, de certaines. Dans quel monde vivront nos enfants et nos petits enfants ?

Pour me relaxer, je cherche sur le site d’ICI PREMIÈRE un balado. Je tombe sur la nouvelle série de Monique Giroux « Bien plus qu’une chanson » qui raconte les circonstances qui ont mené à la naissance de quelques classiques de la chanson francophone. Le premier balado trace l’histoire de l’« Hymne à la beauté du monde » de Luc Plamondon. [2] J’ai toujours aimé cette chanson.

« Vous avez détruit la beauté du monde ! » Ce sont les derniers mots que la poétesse Huguette Gaulin a prononcés avant de s’immoler à Montréal en 1972. Ces mots ont résonné fort chez Luc Plamondon à l’époque. Cette chanson, rendue célèbre par Diane Dufresne est devenue un hymne environnemental. Je suis bouleversée… Je ne connaissais pas l’origine de cette chanson pas plus que l’histoire de cette jeune mère monoparentale de 27 ans qui a une conscience écologiste aiguë avant l’heure. Son geste désespéré m’interpelle profondément. Son cri « Vous avez détruit la beauté du monde ! » rejoint les mots de Greta Thunberg lancés aux chefs d’État à l’ouverture du Sommet sur le climat à l’ONU à New York le 23 septembre 2019. « Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses ! Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous. » Ces mots ont résonné à la grandeur de la planète. Quelques jours plus tard, le 27 septembre, des manifestations sont organisées. Celle de Montréal sera une des plus importantes du Canada en regroupant 500 000 personnes.

Défis et contributions des femmes en contexte de changements climatiques  [3]

Les femmes, qui subissent déjà des inégalités, de la discrimination et diverses oppressions, sont plus vulnérables aux changements climatiques. Cette vulnérabilité est plus grande dans les pays du Sud, où ces deux facteurs et les héritages du colonialisme jouent en défaveur de l’égalité des femmes (ex. : surreprésentation des femmes parmi la population vivant sous le seuil de la pauvreté ou dans des zones à risque, mobilité restreinte par les rôles qui leur sont assignés, accès limité à l’information lors d’urgences, etc.). Or, les femmes font elles aussi partie de la solution climatique. Elles sont détentrices de savoirs (connaissances et compétences) uniques construits à partir de leurs expériences concrètes. C’est notamment le cas des femmes qui, par la nature des tâches stéréotypées qu’elles occupent, entretiennent d’étroites relations avec leur environnement naturel et humain. Ces femmes ont entre autres su développer des savoirs en agroécologie, en agroforesterie et en agrobiodiversité, de même qu’une connaissance et une compréhension approfondies des réseaux communautaires. Afin que les femmes soient de solides alliées dans la lutte contre les changements climatiques, il est toutefois nécessaire de leur laisser la place qui leur revient. Comme le souligne Christina Figueres, ex-secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) : « Le renforcement du pouvoir des femmes sera un facteur important pour faire face au défi climatique. » Si la CCNUCC sur les changements climatiques (CCNUCC) reconnaît l’importance de l’égalité des femmes en contexte de changements climatiques, celles-ci sont encore trop souvent sous-représentées à tous les paliers décisionnels.

Les femmes sont en marche

La conférence s’est terminée par quelques appels à l’action. Celui de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes « Résistons pour vivre – Marchons pour transformer » qui nous invite à appuyer des revendications contre la pauvreté et les violences et également pour la justice climatique. [4] L’appel d’une jeune étudiante de 17 ans qui participe à la convergence du mouvement étudiant du Québec au sein de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) qui organise une grève climatique en vue d’une manifestation qui se tiendra le 3 avril prochain. Et finalement l’appel de l’AQOCI qui invite à poser un geste citoyen en signant la pétition adressée au gouvernement du Canada [5] afin qu’il fasse sa juste part, notamment en soutenant plus efficacement le leadership des femmes, et des femmes autochtones en particulier, par l’application d’une approche féministe dans les plans de financement en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Je suis persuadée que l’action collective citoyenne est le meilleur rempart au découragement individuel et que seule la mobilisation grandissante est porteuse d’espoir pour garantir l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.

« Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous » [6]

Michèle Asselin
AQOCI
6 mars 2020

Notes

[1Hymne à la beauté du monde, chanson de Luc Plamondon et Christian Saint-Roch

[3Pour en savoir plus lire la fiche « Changements climatiques – Femmes » produite en 2019 par l’AQOCI : https://www.jqsi.qc.ca/?outils-109

[4Pour plus d’informations sur la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes : https://www.facebook.com/CQMMF/

[5Pour plus d’informations sur la pétition : https://www.jqsi.qc.ca/?-je-signe-la-petition-

[6Hymne à la beauté du monde


Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), est un regroupement de 64 organisations québécoises qui œuvrent, à l’étranger et au Québec, pour un développement durable et humain.

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