Les organismes de coopération internationale du Québec pressent les partis politiques de s’engager à bonifier le programme avant les élections du 5 octobre
MONTRÉAL, le 30 juin 2026 – Les organismes de coopération internationale (OCI) québécois saluent le renouvellement du Programme de coopération climatique internationale (PCCI), déposé le 11 juin, dans le Plan pour une économie verte 2030, mais déplorent la baisse de 38 % de son financement. Ils pressent les partis politiques de s’engager à bonifier le programme avant les élections du 5 octobre 2026.
Un programme unique, dont la valeur est reconnue mondialement
Créé en 2016, le PCCI est le seul programme d’un État fédéré au monde entièrement financé par un marché du carbone pour soutenir l’adaptation aux changements climatiques dans les pays francophones vulnérables. Depuis sa création, il a permis d’octroyer plus de 49 millions de dollars à 65 projets menés dans 16 pays, au bénéfice de quelques 66 000 personnes, en mobilisant des dizaines d’organisations et d’entreprises québécoises et plus d’une centaine de partenaires locaux. Cette contribution distinctive a été saluée par la communauté internationale, notamment par le Prix UN Climate Action Award 2019 et le Prix de rayonnement international de l’Institut d’administration publique du Québec (IAPQ) en 2021.
« Que le gouvernement reconduise le PCCI dans un contexte budgétaire difficile, et alors même que la coordination du programme a été fragilisée par les compressions de personnel au ministère, envoie un signal positif. Le Québec reconnaît la valeur de cet outil unique de diplomatie climatique. Mais ce soulagement doit être nuancé : l’enveloppe annoncée ne reflète pas l’ampleur des besoins ni la performance démontrée du programme » souligne Michèle Asselin, directrice générale de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).
Une enveloppe à son plus bas niveau historique
Le Plan de mise en œuvre (PMO) 2026-2031 fixe le financement du PCCI à 21,5 millions de dollars sur cinq ans, son plus bas niveau quinquennal depuis la création du programme. Il s’agit d’un recul de 38 % par rapport au sommet de 34,6 millions de dollars atteint dans le dernier PMO. Cette enveloppe se situe même sous la dotation initiale de 18 millions de dollars accordée pour la période 2016-2021, l’équivalent de 23,4 millions de dollars de 2026, ce qui signifie que dix années d’existence n’ont pas permis de consolider les gains obtenus par le programme.
Cette réduction survient alors que le PCCI a systématiquement décaissé la totalité, et souvent davantage, de son enveloppe annuelle : les taux de réalisation ont atteint 141 % en 2023-2024 et 102 % en 2024-2025, selon le Suivi détaillé du Plan pour une économie verte 2030. La baisse de financement ne peut donc s’expliquer par un manque de demande ou une sous-utilisation des fonds, bien au contraire, elle survient alors que les besoins et la capacité d’absorption du programme ont été démontrés année après année.
Un appel clair aux partis en vue du 5 octobre
Pour les OCI, la campagne électorale qui s’amorce constitue une occasion incontournable de corriger la trajectoire du PCCI. À l’heure où le Québec copréside l’Alliance Beyond Oil and Gas (BOGA) et entend maintenir sa crédibilité comme leader climatique mondial, maintenir le même niveau de financement de son programme phare de coopération climatique internationale permet de préserver la confiance des partenaires, qu’ils soient au Québec ou dans les 16 pays où le programme intervient. C’est également une occasion de se démarquer encore davantage comme programme innovant à l’international.
Les OCI demandent à l’ensemble des formations politiques de s’engager publiquement, avant le 5 octobre, à ramener le financement du PCCI à tout le moins au niveau de son sommet de 2024-2029, et à assurer la stabilité de sa coordination administrative. Le prochain gouvernement, quel qu’il soit, aura l’occasion de réaffirmer que le Québec entend demeurer un partenaire fiable et ambitieux sur la scène internationale et pour les populations les plus vulnérables aux changements climatiques.
« Le PCCI a fait ses preuves. Il est temps que son financement reflète sa réussite, et non l’inverse », conclut Mme Asselin.
Signataires
- Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
- Carrefour International
- Carrefour de solidarité internationale
- Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean
- Centre d’étude et de coopération internationale (CECI)
- Comité de solidarité/Trois-Rivières
- Développement et Paix – Caritas Canada
- Développement international Desjardins (DID)
- Fondation Paul Gérin-Lajoie
- Ingénieurs Sans Frontières Québec
- Mission inclusion
- Oxfam-Québec
- Santé Monde
- Secrétariat international de l’eau (SIE)
- Société Mer et Monde
- Socodevi
- Solidarité Union Coopération (SUCO)
- Terre Sans Frontières
- UPA Développement international
- Village Monde
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Personne-ressource
Martín Portocarrero Incio
Chargé de programmes, Environnement, Jeunesse et Sécurité
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
mportocarrero@aqoci.qc.ca
Tél : 514 871-1086, poste 102


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