La nouvelle planification stratégique triennale (2026-2029) du Collectif québécois des féminismes en dialogue (CQFD) intègre parmi ses objectifs de réfléchir à des politiques et actions pour mettre en œuvre la nouvelle Stratégie de genre du CQFD transformatrice des rapports de pouvoir. L’École féministe du CQFD-AQOCI, en tant qu’entité de formation et d’éducation à la citoyenneté mondiale, constitue l’un des espaces de réflexion pour la concrétisation de cette stratégie.

Par les membres du comité École féministe de l’AQOCI :
Katina Binette, Marie-Ginette Bouchard, Rosalie Laganière Bolduc, Véronique Plouffe, Jade St Georges[1]
En effet, la session d’automne 2025 de cette École2, ayant eu lieu les 24 et 25 septembre à Montréal, a constitué le premier pas du CQFD sur cette voie. Une soixantaine de personnes y ont participé, réunissant des membres de l’AQOCI et ses partenaires intéressés par les enjeux d’égalité de genre et de solidarité internationale. Par le biais d’activités dynamiques et interactives (conférences, panels, discussions en groupe, atelier de création), cette formation se voulait un espace pour apprendre, s’inspirer, échanger et s’outiller en matière de perspectives, d’approches et de pratiques féministes, antiracistes et anticoloniales transformatrices, d’ici et d’ailleurs. Nous vous présentons ici les moments et les messages clés de ces deux journées mémorables.
Regards féministes sur la conjoncture internationale
Le panel d’ouverture visait à ancrer la thématique de l’École féministe du CQFD dans le contexte sociopolitique actuel. L’objectif était de proposer une analyse lucide de la situation des droits des femmes et des personnes de la diversité de genre à partir de perspectives intersectionnelles, afin de contextualiser les enjeux abordés tout au long de l’École féministe. Les trois conférencières ont été invitées à répondre à la question suivante : quelle est votre analyse de la conjoncture actuelle au regard des enjeux féministes et quels liens peut-on établir avec la coopération internationale?
Toutes ont souligné que nous traversons actuellement une période marquée par une montée des mouvements antiféministes, anti-genre et anti-droits humains. Ces mouvements, organisés ou non, s’opposent explicitement aux mesures d’égalité, d’équité et d’inclusion.
Danielle Coenga-Oliveira, professeure en sciences politiques à l’Université de Montréal, a ouvert le panel avec une note d’espoir en rappelant que celles qui nous ont précédées ont mené leurs luttes dans des contextes souvent hostiles, et que nous avons beaucoup à apprendre de ces parcours. Elle a mis en lumière le fait que la conjoncture actuelle remet en question ce que l’on croyait acquis en matière de reconnaissance des droits et de politiques locales et internationales de protection. Ce n’est pas nouveau que les instances de pouvoir fassent obstacle à l’égalité, mais nous pouvons constater une montée des politiques anti-droits de la part de gouvernements démocratiquement élus et ce, de manière complètement décomplexée.
La deuxième invitée, Michèle Asselin, directrice de l’AQOCI et militante féministe de longue date, est revenue sur la Conférence de Beijing (1995), à laquelle elle a participé activement. Elle a rappelé le contexte complexe dans lequel les féministes de l’époque ont dû naviguer et a renchéri sur les propos de Danielle Coenga‑Oliveira. Bien que le portrait actuel soit préoccupant, elle a rappelé que si d’un côté, il y a une montée des droites, il y a aussi, de l’autre côté, une résistance féministe qui s’organise et une reconnaissance des systèmes d’oppression imbriqués — patriarcat, capitalisme, colonialisme, racisme, capacitisme, entre autres. Elle a souligné qu’elle est particulièrement fière du travail fait au CQFD, notamment l’adoption de la nouvelle Stratégie de genre transformatrice des rapports de pouvoir en coopération et en solidarité internationales. Selon elle, il est essentiel de maintenir une analyse radicale, laquelle doit également guider nos actions et mener à une offensive coordonnée.
La troisième invitée, Santia Chancy, responsable de programme et représentante pays en Haïti pour Mission Inclusion, a amorcé son intervention par une citation de Nelson Mandela : « Je ne suis pas né avec une soif de liberté, je suis né libre ». Elle a rappelé l’augmentation des crises, des violences, des conflits, des tensions géopolitiques et des déplacements massifs de populations, auxquels s’ajoutent les épidémies, les pandémies et une réduction de plus de 40 % de l’aide humanitaire. Si certains pays avancent vers une meilleure égalité, d’autres reculent. Dans certains contextes, dont Haïti, les femmes et les filles voient leurs droits réduits ou éliminés. À l’aide de statistiques récentes, Santia Chancy a illustré la gravité de la situation des femmes et des filles en Haïti. Elle souligne toutefois que derrière ce tableau, il y a une société civile puissante et résiliente. Même avec peu de moyens, les organisations locales arrivent avec des solutions parce qu’elles sont les mieux placées et elles connaissent le contexte. Il est temps de soutenir les initiatives locales et le leadership féminin.
Relations aux territoires ici et ailleurs
Ce panel portait sur nos responsabilités envers les gardiennes du territoire, ici comme ailleurs. Il visait à réfléchir aux interrelations entre les luttes ancrées dans différents territoires et à la manière dont celles‑ci influencent nos actions de plaidoyer, nos politiques et nos pratiques de solidarité.
Perpetua Angima, cheffe de projet ReSea — un projet mis en œuvre par Mission Inclusion et d’autres organisations dans la région de l’océan Indien occidental — a présenté les enjeux abordés dans ce projet, qui vise à améliorer les moyens de subsistance des femmes et des jeunes dans l’économie bleue. Le projet a notamment permis de questionner les tabous et les normes sociales entourant la participation des femmes aux activités de pêche et de former des jeunes sur la chaîne d’approvisionnement dans la culture des algues.
Mélanie Boivin, Innue de Mashteuiatsh et directrice du Centre Mamik du Lac‑Saint‑Jean, a partagé son expérience en tant que personne autochtone dans la société québécoise et les défis qui y sont liés. Elle a évoqué les liens entre son identité, son engagement pour l’amélioration de la santé globale des communautés autochtones urbaines et la protection du territoire. Elle a également abordé les enjeux liés au projet de loi 97 et les impacts potentiels d’une telle loi sur la déforestation. En établissant des parallèles avec les luttes contre l’industrie minière ici et ailleurs, elle a souligné l’importance de la participation des femmes dans la protection du territoire pour les générations futures. Elle a enfin présenté le travail essentiel du Centre Mamik, qui offre des services culturellement sécurisants — notamment des services psychosociaux et un accompagnement dans le système de justice — aux personnes autochtones en milieu urbain.
Pia Cerda, chargée de projet pour l’Amérique latine et les stages au Centre de solidarité internationale du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean (CSI‑SLSJ), a parlé des synergies que son organisation cherche à développer avec d’autres organisations de la région, ainsi que des ponts en construction entre les organisations régionales et internationales. Elle a partagé plusieurs exemples concrets, dont une initiative de festival de courts métrages visant à tisser des liens entre les communautés autochtones de la région et celles d’Équateur, ainsi que l’implication du CSI‑SLSJ dans des réseaux féministes régionaux, notamment le comité de la Marche mondiale des femmes.
Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière l’importance d’un leadership féministe partagé et construit collectivement, de même que la pertinence et la richesse des échanges de savoirs Sud‑Sud, Sud‑Nord et Nord‑Sud.
Gestion interne féministe des organisations
Ce panel portait sur les pratiques de gestion féministes au sein des organisations de coopération internationale et sur la manière dont celles‑ci traduisent concrètement des valeurs de justice sociale, d’égalité et de décolonialité. L’objectif était de réfléchir aux impacts de ces pratiques, tant à l’interne des organisations que dans les relations avec les partenaires internationaux, ainsi qu’aux défis et aux leviers qu’elles comportent.
Fernande Abanda, gestionnaire de projets chez Inter Pares, a souligné que les pratiques féministes de l’organisation sont indissociables de sa vision, fondée sur l’égalité, la justice sociale et la reconnaissance de l’expertise locale. Cette vision se traduit notamment par l’absence de bureaux à l’étranger et par un travail mené avec des homologues des Suds dans le cadre de relations de confiance durables. Deux éléments centraux ont été mis de l’avant : la cogestion et l’approche intersectionnelle. La structure non hiérarchique, fondée sur le consensus, implique l’ensemble de l’équipe dans les décisions institutionnelles, favorisant une vision inclusive et partagée, bien qu’elle exige un investissement important en temps et en énergie. L’approche intersectionnelle, quant à elle, invite à la réflexivité et à la reconnaissance des biais, comme en témoignent les visites auprès des partenaires, conçues comme des espaces d’apprentissage mutuel.
Rosalie Laganière Bolduc, chargée de programmes internationaux au Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke, a présenté l’expérience de la cogestion horizontale dans une organisation de plus petite taille. Ce modèle, qu’elle décrit comme résolument féministe, vise à décentraliser le pouvoir, à valoriser la pluralité des savoirs et à faire entendre la voix des partenaires internationaux dans les espaces décisionnels. L’importance accordée au ressenti, au soin et à la conciliation des responsabilités a été mise en évidence comme une pratique à la fois radicale et nécessaire. Malgré les défis liés au caractère évolutif du modèle, ces pratiques contribuent à renforcer la résilience organisationnelle et la cohérence entre les valeurs et les actions.
Pratiques alternatives en suivi et évaluation
Ce panel, consacré aux pratiques alternatives en suivi et évaluation, se déclinait en trois parties. Dans un premier temps, les panélistes Nancy Burrows, chargée de programmes en éducation à la citoyenneté mondiale à l’AQOCI, et Natalie Martin, consultante, ont abordé les différences entre l’évaluation traditionnelle de projets et l’évaluation féministe et décoloniale. L’évaluation traditionnelle repose sur la gestion axée sur les résultats et privilégie généralement des indicateurs quantitatifs. Les critères sont souvent imposés de l’extérieur, en fonction des exigences des bailleurs de fonds, reléguant fréquemment les priorités des communautés au second plan. À l’inverse, une évaluation féministe place les femmes, l’égalité des genres et les groupes marginalisés au cœur du processus. Elle vise à mettre en valeur leurs expériences, à transformer les dynamiques de pouvoir et à corriger les inégalités systémiques. Participative, inclusive et intersectionnelle, l’évaluation féministe est guidée par six principes qui cherchent à éliminer les inégalités structurelles, à valoriser les savoirs des personnes concernées et à diversifier les sources d’évaluation.
Dans la deuxième partie, les panélistes ont partagé des expériences concrètes de mise en place de pratiques féministes et décoloniales. Le suivi-évaluation-apprentissage (SEA) féministe doit reposer sur la coconstruction des savoirs, en créant des espaces de dialogue et d’échanges qui reconnaissent et valorisent les savoirs expérientiels des personnes des Suds. Cela implique d’avoir une méthode souple incluant des critères choisis par les membres des organisations féministes concernées. Il vise à donner la voix aux personnes participantes.
Par exemple, certaines organisations ont commencé à mettre en place des SEA féministes en se laissant guider par une volonté de justice sociale et par le concept de « do no harm ». Les supports visuels et des cercles d’apprentissages dans les langues locales doivent être privilégiés. Des méthodes alternatives basées sur les photos peuvent y contribuer. Le programme Voix et leadership des femmes, OXFAM et le Programme de coopération volontaire (PCV) sont des exemples où des modèles de SEA féministe ont été utilisés.
La troisième partie portait sur les défis de l’évaluation féministe. Les principaux défis sont : le manque de planification dès le début du projet pour impliquer les personnes concernées, le temps et les ressources financières, la nécessité d’éviter certains pièges comme le tokénisme. On a également mentionné l’importance de localiser nos pratiques d’évaluation et ne pas oublier la redevabilité envers les communautés.

Photo : Katina Binette
Les panélistes ont enfin mentionné plusieurs outils de SEA à consulter, dont Made in Africa Evaluation (approche décoloniale en Afrique), Waawiyeyaa (outil holistique autochtone d’évaluation), l’approche d’Oxfam et la fiche technique de suivi‑évaluation du CQFD.
Atelier de fabrication d’une courtepointe de zines comme activité militante créatrice
Profitant du fait que l’École féministe se déroulait en présentiel, une activité créative a été intégrée à la programmation pour mobiliser les participantes autrement. À partir de la création de zines (publications artisanales), les objectifs étaient de : permettre aux participantes de s’exprimer sur leur vécu expérientiel en lien avec la thématique de la résistance et de la militance féministes, mettre en valeur d’autres formes de savoirs, promouvoir l’action collective et la cocréation des connaissances, imager, par le biais du zine, un message authentique et signifiant, et réaliser une création artistique collective.
S’inspirant du discours d’Audre Lorde, Transformer le silence en paroles et en acte (1977), les deux animatrices, Marie Ginette Bouchard et Véronique Plouffe, ont invité les participantes à s’exprimer autrement en fabriquant des zines individuels à partir de matériels disponibles sur place (journaux, magazines, revues, etc.). Chaque zine individuel a ensuite été intégré sur des panneaux cartonnés pour former une courtepointe collective. L’activité créative artistique a permis de coconstruire des savoirs ensemble et de poser un geste d’agentivité. Quatre éléments iconographiques ont été intégrés à la courtepointe de zines en lien avec l’écoféminisme : la feuille de gingko biloba, la fougère, le pissenlit en pollen et la tortue.
À la fin de la deuxième journée de l’École féministe, les participantes ont été invitées à présenter leur création artistique devant le groupe ce qui a donné lieu à des moments riches en partages et en émotions. Parmi les thèmes qui ont émergé lors de ces échanges, mentionnons ceux liés à la révolte face aux injustices et aux luttes féministes, à la solidarité et à l’espoir, les liens avec le territoire et la transmission des savoirs et des valeurs féministes.
Cette expérience artistique et participative, par le biais du zine, a permis de créer collectivement un récit visuel, intergénérationnel et intersectionnel de la résistance et de la militance féministes du CQFD.
Courtepointe de zines féministes du CQFD
Photos: Sara Germain, AQOCI
Renouer avec la militance
Ce panel portait sur les parcours militants féministes et sur la manière dont la militance se construit, se transforme et se transmet dans le temps. Les échanges ont mis en lumière la diversité des engagements, l’importance des alliances et la militance comme posture profondément ancrée dans les vies. Chaque panéliste a discuté de sa militance, mais également d’enjeux clés liés à celle-ci.

Photo: Katina Binette
Emilia Castro, membre fondatrice de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes, a souligné l’importance d’ouvrir les espaces à des allié·es et de rendre visibles les femmes immigrantes et réfugié·es en valorisant la diversité des savoirs et des expériences. En discutant de ces différents engagements, elle a témoigné qu’il est fondamental d’agir ensemble pour créer des liens de solidarité localement et internationalement.
Nancy Burrows, chargée de programmes à l’AQOCI, a présenté la militance comme une croyance profonde doublée d’une volonté d’agir. Elle a discuté de son parcours militant en mettant l’accent sur l’inclusion et la reconnaissance de diverses identités et a démontré que la militance peut se matérialiser tant dans la sphère professionnelle que personnelle.
Ensuite, Libertad Benito Torres, conseillère principale en genre chez Equitas, a présenté la militance comme une posture holistique, un ressenti qui pousse à l’action. Elle la définit comme un mélange d’humilité, d’espoir et de travail collectif où le personnel et le politique sont indissociables.
Finalement, Michèle Asselin, directrice générale de l’AQOCI, a rappelé l’importance de la mémoire et de la transmission intergénérationnelle dans les luttes. Pour elle, militer est un engagement transformateur et conscient visant à déconstruire les structures d’oppression, un processus d’apprentissage continu qui exige écoute, remise en question et création d’espaces inclusifs.
Ensemble, ces témoignages ont permis de souligner que la militance féministe est à la fois personnelle, collective et profondément politique. De plus, les échanges pendant ce panel ont rappelé que la militance s’inscrit dans la durée, telle une course à relais, nourrie par des figures inspirantes comme Lorraine Guay, Shashi Sail, Rebecca Lane et Léa Roback. Ces héritages rappellent que les luttes sont interconnectées, transforment autant les personnes que le monde, et ouvrent la voie à la création d’espaces où d’autres relations sont possibles.
Des moments comme ceux créés à l’École féministe du CQFD sont précieux et nécessaires, d’autant plus dans des contextes de ressacs comme ceux que nous vivons. Ces espaces se doivent d’être sécuritaires, multigénérationnels, diversifiés en termes d’origine, de parcours, de trajectoire. C’est ensemble que nous pourrons continuer à avancer, car ces espaces sont des îlots qui nous permettent de nous solidariser, de nous organiser, de résister.
[1]Cet article est co-écrit par cinq membres du comité de l’École féministe du CQFD de l’AQOCI:
- Katina Binette, chargée de programmes Formation et Québec sans frontières, AQOCI.
- Marie Ginette Bouchard, sociologue et accompagnatrice artistique affiliée à la maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM et membre du comité de coordination du CQFD.
- Rosalie Laganière Bolduc, chargée de projets internationaux, Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke.
- Véronique Plouffe, candidate au doctorat en études féministes et de genre, Université d’Ottawa.
- Jade St Georges, candidate au doctorat en management à l’Université Laval et membre du comité de coordination du CQFD.
Voici un aperçu biographique de chacune des membres du comité:
Katina Binette est engagée en solidarité internationale depuis près de 30 ans. Elle a milité et travaillé de 1997 à 2010 au Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière (CRÉDIL), où elle était chargée de programmes. Leur slogan a forgé sa vision de l’implication à l’international : Comprendre ailleurs pour agir ici! C’est pourquoi elle a choisi de s’impliquer notamment en promotion du commerce équitable, en protection de l’environnement et en promotion de l’égalité des genres. Depuis 2011, Katina est chargée de programmes à l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), elle est responsable du programme Québec sans frontières, du programme de formations et des dossiers en lien au volontariat. Initiatrice des délégations jeunesse de l’AQOCI aux Forums sociaux mondiaux en 2005, elle a pris part à une douzaine de collectifs (FSM, COP, Sommets des peuples, etc.).
Marie Ginette Bouchard travaille en coopération et solidarité internationales depuis plus de trente-cinq ans. Cofondatrice du CQFD, elle en a été la première coordonnatrice à l’AQOCI. Sociologue de formation, elle a travaillé comme formatrice et consultante en égalité entre les femmes et les hommes et droits des femmes dans des projets d’environnement, de santé reproductive et de coopératives pour des ONG et pour l’ACDI en Haïti, en Guinée, en Tunisie, au Sénégal et au Burkina Faso. Elle détient aussi une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Elle est animatrice d’ateliers socio-artistiques et formatrice en récit-photovoice (storytelling-photovoice) afin de donner la voix à des groupes marginalisés dans des organismes communautaires et des ONG de coopération internationale dans une approche d’agentivité. Comme accompagnatrice artistique, elle a réalisé des projets artistiques avec des personnes immigrantes, tout en enseignant le français langue seconde, en utilisant la méthode du récit-photovoice à la Maison de l’amitié et au Y des femmes. Ses derniers projets artistiques ont été réalisés dans une approche de cocréation avec des féministes et des jeunes avec la méthode du storytelling et la technique des zines. Elle est membre du comité de coordination du CQFD depuis 2002.
Rosalie Laganière-Bolduc, titulaire d’une maîtrise en gestion de l’action humanitaire et du développement international de l’Université Laval avec une spécialisation en études de genre, est actuellement chargée de programmes internationaux et cogestionnaire au Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke. Elle y contribue à développer une approche de gestion féministe et décoloniale de la coopération internationale. Forte de son engagement dans différents projets au Mali, elle œuvre à promouvoir des pratiques inclusives et équitables, tout en plaçant l’égalité de genre et la justice sociale au cœur de ses actions.
Véronique Plouffe est candidate au doctorat en études féministes et de genre à l’Université d’Ottawa. Elle est engagée depuis plus de 15 ans en coopération internationale et égalité des genres. Elle a œuvré comme coopérante volontaire, chercheuse, chargée de projet et conseillère en égalité de genre auprès d’organisations telles que Plan International Canada, Oxfam Québec et l’Association canadienne des sages-femmes. Ses recherches actuelles portent sur l’aide internationale canadienne au Pérou du point de vue des spécialistes en égalité de genre et des militantes féministes. Plus largement, elle s’intéresse aux perspectives féministes critiques sur le genre et le développement, les théories féministes transnationales et anticoloniales et les méthodologies de recherche féministes, y compris les approches visuelles et artistiques
Jade St-Georges (pronom : elle) est candidate au doctorat en management à l’Université Laval. À la suite d’une maîtrise professionnelle en développement international à l’École supérieure d’études internationales (Université Laval, 2018) et quelques expériences pratiques dans le secteur de la coopération et de la solidarité internationales, Jade a décidé de poursuivre des études doctorales en vue de contribuer au secteur de la solidarité internationale via la recherche. Plus précisément, depuis les perspectives critiques du développement international et les approches féministes intersectionnelles à visée décoloniale, elle s’intéresse, entre autres, aux pratiques alternatives de gestion dans le secteur de la coopération et de la solidarité internationales. En plus de sa thèse, Jade s’implique dans une variété de projets de recherche et enseigne à titre de chargée de cours au département de management de l’Université Laval sur les thématiques de la diversité et de l’équité en milieu de travail, les méthodes de recherche et les pratiques féministes et l’intégration d’une perspective de genre dans les projets internationaux.






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